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Le Courant

Automne 2005 | 07

La vie de nos défricheurs / cultivateurs

Denis Morin



Ce court récit s'adresse plus spécialement aux descendants de nos ancêtres cultivateurs qui ont vécu dans la région dans laquelle nous vivons aujourd'hui, la MRC de Coaticook. Je me permets de parler plus spécialement de la famille de mon grand-père Frédéric Morin même si le sujet s'adresse à de nombreuses autres familles.

Quelques mots sur sa généalogie. Frédéric était le dernier d'une famille de 6 enfants (4 filles, 2 garçons). Son père, David, fut le premier défricheur de la Paroisse Ste-Cécile de Whilton (région de Mégantic). On nomma la paroisse en l'honneur de son épouse, Cécile Fortier.

À l'âge de 25 ans, Frédéric épousa Denise Blais, issue d'une famille de 18 enfants. À leur tour, ils ont enrichi la société de 15 enfants (4 filles, 11 garçons). Ils eurent à trimer dur pour arriver à nourrir, vêtir et loger tout ce monde. Considérant le nombre de garçons, mon grand-père qui voulait les aider a s'établir sur des fermes a décidé de quitter Ste-Cécile pour Barnston. Les carrières de granit du Vermont étaient à proximité et en pleine activité. Elles offraient un moyen plus rapide pour avoir de l'argent que la culture de la terre. Si mon père était demeuré quelques années de plus aux E.U., je serais peut-être devenu un Américain. Les 3 aînés de mes frères et sueurs sont nés à Granitville, Vermont.

Considérant tous ces choix, quelques-uns seulement sont devenus cultivateurs. Mon oncle Philibert, dans la région de Newport au Vermont, Henri-Louis à Barnston et Arsène sur la terre paternelle.

Dans ce temps, les familles étaient autosuffisantes. Elles faisaient l'élevage de vaches laitières qui leur donnaient le lait et ses sous-produits: le beurre, la crème et le fromage. Quelques porcs pour le lard salé et la viande, les poules pour les œufs ainsi que pour la viande. Pour la nourriture on comptaient également sur un potager où on faisaient pousser les pommes de terre, navets, carottes etc. On cueillaient de petits fruits pour les confitures et desserts : les groseilles, fraises, framboises etc. Une demi-douzaine de pommiers qui produisaient de grosses pommes dures, qu'on appelaient « pommes d'hiver » bonnes surtout pour les confitures.

Les chevaux remplaçaient le tracteur et servaient à se déplacer. Quelques instruments aratoires faisaient partie de la ferme. Comme on ne pouvaient se permettre de descendre à Coaticook à cheval pour effectuer ces réparations, mon grand-père avait construit une petite forge pour réparer et entretenir le tout. Un moulin à vent servait à l'alimentation de l'eau. Je me rappelle que durant l'été, on faisaient de la crème glacée avec grand-maman. Il y avait une glacière dans la cour avant. On y descendait par une échelle à 10 ou 12 pieds sous terre pour y trouver de la glace dans le brin de scie, on lui en emportait un morceau ou deux et elle allait chercher la «machine» à faire la crème glacée. Nous, les enfants, on tournaient la manivelle et on tournaient et on trouvaient le temps long. Mais pour manger de la crème glacée, que n'aurions nous fait...
Au jour de l'An, les familles se rassemblaient pour quelques jours. On dansaient, chantaient, comptaient des histoires de toutes sortes. Nous, les jeunes, on montaient au grenier où l'on dormaient. Pour nous calmer, grand-maman sortait les revues de St-Anne et le Journal de l'Action Catholique qu'elle avait accumulés toute l'année. C'était surtout les bandes dessinées qui nous intéressaient; de plus on n'avaient pas à attendre la semaine suivante pour avoir la suite.
Malgré le dur labeur, il y avait toujours de la joie, du plaisir et nous étions tous heureux. Je peux dire qu'ils nous ont laissé une joie de vivre et de l'amour que je transmets à mes enfants et petits-enfants ainsi qu'à mes amis.

Je sais que beaucoup d'entre vous avez reçu de leur grands-parents ce genre d'amour et le transmettez à votre tour. Comme on dit : « Ça se passait de même dans le bon vieux temps ».

Le Courant

Le Courant est publié par la Société une fois par année. Membres de la société, historiens professionnels et amateurs partagent avec les lecteurs le fruit de leurs recherches. Les textes sont disponibles en français et en anglais. La publication de cette revue est rendue possible grâce au soutien de commanditaires locaux que nous remercions avec toute notre gratitude.


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