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Le Courant

Automne 2002 | 04

La grippe espagnole à Coaticook

Daniel Coulombe

Plusieurs événements tragiques hantent Coaticook, notamment les grands incendies du centre-ville, en 1895 et en 1949, ainsi que les inondations de de 1924 et 1943. Mais on oublie souvent d'inclure à ces tragédies sociales, la pandémie de la fin des années 1910, appelée « grippe espagnole » et qui a tué de 20 à 40 millions de personnes dans le monde. Ici, comme dans bien des régions, le nombre de victimes a été exagéré. Pour le Québec, on parle maintenant de quelque 13 000 décès.

On ignore toujours l'origine exacte de cette épidémie. Cependant, à l'époque, les gens étaient convaincus qu'elle avait débuté en Espagne, d'où l'appellation « grippe espagnole ». En réalité, les premiers cas de la maladie ont été détectés aux États-Unis, en Caroline du Sud - certains spécialistes croient qu'elle serait provenue de la Chine et se serait propagée via l'immigration importante en provenance de ce pays à cette époque. Puis, lors de l'introduction de l'armée américaine en Europe, en 1918 l'épidémie se propagea pour s'étendre en Italie et en Espagne. C'est lorsque la maladie frappa l'Espagne que les autorités civiles et médicales réalisèrent l'importance du virus et lui attribuèrent ce titre de « grippe espagnole ».

Selon le mémoire de Denise Rioux (1), au Québec, on situe l'arrivée de la grippe espagnole à la mi-septembre 1918. Les journaux regorgeaient de publicités annonçant des médicaments miraculeux pilules de Milburn, capsules Cresobene, tonique Wincarnis. Pour lutter contre la maladie, les gens avaient recours, en plus de certaines mesures d'hygiène, à des moyens populaires, dont le camphre. Ce petit camphre, placé dans une pochette que l'on suspend sur sa poitrine, entre les vêtements dégage une forte odeur. Cette substance aromatique réconforte les gens plus qu'elle ne les soigne - il s'agit d'un effet placebo.

La « grippe espagnole » contaminait surtout les jeunes adultes (20-40 ans), contrairement à la croyance populaire qui attribuait la plus grande vulnérabilité aux enfants et aux nouveau-nés. Également, on croyait que la maladie se propageait davantage dans les régions éloignées et qu'elle atteignait plus fortement les groupes les plus démunis - ce qui n'a jamais été fondé.

Ici, cette peur collective était amplifiée du fait que la région de Coaticook comptait peu de médecins. D'ailleurs, on peut lire dans une édition de l'époque du journal La Tribune, qu'à Saint-Herménégilde, 90 % de la population est atteinte de la grippe espagnole. Toutefois, une visite au cimetière (2) de la localité nous montre qu'il y aurait eu tout au plus 4 ou 5 décès à la suite de l'épidémie. Un écart qui pourrait s'expliquer par l'angoisse sociale vécue à cette époque.

Pour la ville de Coaticook, Denise Rioux a compté 41 décès en octobre 1918 (36 catholiques, 5 protestants). En moyenne, annuellement, entre 1914 et 1922, on constate une moyenne de onze décès. Bien qu'il est difficile de rapporter de façon certaine le nombre de victimes de la « grippe espagnole », on constate qu'il y a tout de même eu un taux de mortalité quatre fois plus élevé que de coutume.

Notes

(1) La Grippe espagnole à Sherbrooke et dans les Cantons-de-l'Est, Études supérieures en histoire, Sherbrooke, Université de Sherbrooke, 1993, 132 p.
(2) Recherche réalisée par Karine Vaillancourt et Isabelle Devost.

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