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Le Courant

Automne 2018 | 20

Stanstead-Est

L’histoire de Stanstead-Est

Texte produit suite au Déjeuner-causerie du 11 avril 2018 donné par M Gilbert Ferland, maire de Stanstead-Est

La Municipalité de Stanstead-Est est celle qui se situe la plus à l’ouest de la MRC de Coaticook et qui se trouve bordée au sud par la ville de Stanstead et la frontière américaine. D’une superficie de 114 km2, la municipalité se voit traverser du nord au sud par deux routes majeures, soit la route 143 et l’autoroute 55. Quatre-vingt-neuf autres kilomètres sont entretenus par la municipalité. La municipalité a une population de six cent sept personnes sur son territoire.
L’agriculture y est présente autant dans les secteurs laitiers, porcins, avicoles, bovins, caprins, acéricoles, forestiers de même que dans les secteurs de pépinières et de grandes cultures. On y retrouve aussi quelques entreprises agro-touristique offrant bleuets, framboises, pommes, miel, ail ainsi qu’un grand centre jardin etc.


Des activités très intéressantes y sont présentées comme un magnifique terrain de golf offrant une vue splendide sur la région, un sentier nature et une piste cyclable très appréciée par ceux qui l’empruntent. Un secteur de ce sentier nature offre même, à un ornithologue, un lieu très rare au Québec puisqu’on peut y apercevoir plus de cent espèces d’oiseaux. On peut aussi y apercevoir la tortue des bois, une espèce en voie de disparition, est présente dans le secteur de la rivière Tomifobia, rivière qui parcourt une bonne partie du territoire de Stanstead-Est.
Un petit aéroport, de nombreux points de vue, des commerces et attraits font aussi de Stanstead-Est une municipalité à découvrir.


Au début des années 1800, le territoire était constitué de quatre hameaux, soit Fairfax, Brown’s Hill, Boynton et Cassville. Le texte qui suit est celui de Mr John Cass qui raconte l’histoire de Stanstead-Est. Ce texte est tiré des paroles de M Cass par l’entremise de la stelle qui le représente dans le projet de la table de concertation culturelle de Coaticook. Le texte est de Mme Anne Dansereau avec la collaboration de Mme Carole Chassé.
‘’J’suis honoré de vous accueillir à Stanstead-Est, plus précisément à Cassville. Ce sont mes oncles et mon père, les frères Cass, avec leurs amis les McClary, les Locke, les Libby, qui ont défriché les belles fermes que vous voyez aux alentours.
Les pionniers de Cassville venaient quasiment tous du même village, Epsom, au New Hampshire.
Quand ils sont arrivés en 1800, ils ont vécu sept familles ensemble dans la même cabane, jusqu’à ce que chacune soit capable de bâtir sa maison. C’était des maisons en bois rond parce que les premières années, y avait pas de scierie! Il n’y avait pas de routes, pas de forgeron, pas de moulin à farine.


Le seul meunier se trouvait au Vermont. Mon oncle Francis me racontait qu’il marchait avec sa poche de grain à travers le bois jusqu’à Fitch Bay, à six milles d’ici dans la direction du mont Owl’s Head en face. Au lac Memphrémagog, il embarquait dans un canot et ramait pendant vingt milles jusqu’à Newport. Tout ça pour rapporter une poche de farine à Cassville! En 1805, finalement, M Boynton a construit un moulin sur la rivière Tomifobia.

Le canton s’est peuplé rapidement. Quand je suis né en 1819, y avait des hameaux un peu partout et une grande église au sud à trois milles d’ici. C’était la première église de Stanstead. Une ‘’meeting house’’ qui desservait tout le monde : les Congrégationalistes, les Méthodistes et les Baptistes. Cassville avait déjà son école, bâtie en 1817.
Avant les enfants apprenaient à lire dans les maisons privées. Aussitôt qu’on comptait une quinzaine d’enfants dans un voisinage, les pionniers organisaient une classe. Pour nous, l’éducation allait de pair avec la religion. Il fallait savoir lire pour étudier la Bible.
Moi c’est ici que j’ai appris mon alphabet. En 1830, j’avais onze ans, on était une soixantaine d’enfants à l’école de Cassville. Le tiers des enfants était de ma famille. Y avait ma sœur, mes deux frères et dix-neuf de mes cousins et de mes cousines : les enfants de mes oncles Thomas, Theophilus, Francis et Simon Cass. Y avait mes cousins McClary, les enfants de ma tante Betsey. Pas besoin de vous dire que je me sentais chez-nous à l’école de Cassville.

Nous avions d’excellents professeurs : Marietta Whitcher et sa sœur Mary Jane, les filles du médecin. Elles vivaient en face du chemin Curtis, tout près de l’église. Oh! Ce bâtiment a connu des épisodes mémorables.

                       1 école Casseville

                                                           Première école de Casseville

À l’automne 1842, les Adventistes ont décidé de camper dans l’église. Le pasteur Miller leur avait annoncé la fin du monde pour le printemps 1843. Ses fidèles ont transporté toutes leurs provisions dans l’église et se sont installés pour attendre l’Apocalypse. Qui heureusement n’est pas arrivée!
Cinq ans plus tard, en 1848, on a démoli le bâtiment et récupéré les matériaux pour construire une église neuve, à quelques pas d’ici au coin du chemin Cassville. Pour nous, c’était bien commode d’avoir l’église à proximité.
C’est à cette époque qu’on a parlé d’un projet de voie ferrée entre Montréal et Portland dans le Maine. Les gens d’affaires de Stanstead voulaient que le tracé passe par ici. Ils ont eu beau se démener, c’est Coaticook qui a gagné le gros lot : en 1853, le train est passé à l’autre bout du comté.


Mais M. Colby, notre député, était déterminé à obtenir une voie ferrée. C’a pris quasiment vingt ans mais finalement le 1er juillet 1870 le Massawipi Valley Railroad a traversé la vallée de la Tomifobia. Ce jour-là, ma femme Sabrina, mon petit George et ma fille Edna, on est descendu toute la famille à Boynton pour voir le fameux train.
Les années qui ont suivi ont été difficiles. En 1872, j’ai perdu mon fils George et trois ans plus tard ma Sabrina est allée le rejoindre. Je me suis remarié et j’ai continué à travailler sur la ferme.
Vous savez le train avait ouvert le marché, mais aussi la compétition avec tous ces produits agricoles qui arrivaient de l’extérieur. Plusieurs fermiers de Cassville ont décidé de se spécialiser dans la production laitière. Moi j’étais déjà âgé. L’avenir appartenait à cette nouvelle génération de fermiers.


Je suis mort à 85 ans en 1904 à l’aube d’un nouveau siècle, qui a apporté lui aussi sa part de changements. En 1932, ils ont divisé le canton de Stanstead en deux partie et la partie Est a été érigée en municipalité. Stanstead-Est englobe les hameaux de Boynton, de Cassville, de Fairfax et aussi une partie de Brown’s Hill, où s’était établi mon oncle Levi, le septième des frères Cass. L’un de ces descendants, Melvin, a fondé les salons funéraires Cass, dont vous avez peut-être entendu parler.
En 1966, ils ont démoli notre église au coin du chemin Cassville. En l’année suivante, quand ils ont construit la grande autoroute 55, le chemin est devenu un cul-de-sac. Les gens doivent faire un grand détour maintenant pour se rendre à Boynton.

                           église Unie

                                             Emplacement Église Unie de Casseville

Le train lui est disparu à la fin des années 1980. Aujourd’hui, l’ancienne emprise le long de la Tomifobia est devenue un sentier nature, où les gens peuvent marcher et circuler à vélo.
Les choses ont bien changé mais l’ancienne école de Cassville est toujours debout tout comme la petite école en briques rouges au coin du chemin Curtis. Si vous allez dans cette direction, vous verrez le cimetière de Cassville, près du chemin Grenier, où je suis enterré avec ma famille.
Allez, ça m’a vraiment fait plaisir de vous parler de mon coin de pays et je vous souhaite le plus agréable des voyages.
Vous pouvez entendre ce personnage à l’ancienne école de Cassville devenu l’Hotêl de Ville de Stanstead-Est.

Attardons nous maintenant plus à fond à l’histoire de la petite histoire de Cassville.
Le village de Cassville est fondé en 1799 sous le régime LEADER ASSOCIATE, par un groupe de colons de la Nouvelle-Angleterre. Ces colons comme la plupart de leurs compatriotes, adhérent à la tradition puritaine qui accorde beaucoup d’importance à l’éducation. En tant que protestants, ils ont le devoir de s’assurer que leurs enfants savent lire la bible et comprennent les lois du pays. Parce que Cassville n’est qu’une petite communauté rurale, elle n’a eu besoin que de deux institutions : une église méthodiste, construite en 1806 et qui passa à l’église Unie en 1925, ainsi qu’une école construite en 1817.

                        Casseville cimetery
                                              Cimetière de Casseville


Comme l’église a été démolie en 1966, il ne reste que l’école comme souvenir du passé. En 1817, dans le village de Cassville, cinq familles de l’association ont en tout vingt-six enfants. Parce qu’ils veulent que leurs enfants reçoivent une éducation, quelques individus construisent cette année-là une maison dans laquelle des cours sont offerts quelques mois par année. C’est l’édifice qui est aujourd’hui utilisé comme Hôtel de Ville par la municipalité de Stanstead-Est.

                                 Hôtel de ville

                                                       Hôtel de ville Stanstead-Est

Pendant les premières années, l’école survit grâce aux frais de scolarité chargés aux élèves et aux contributions volontaires des parents ou tuteurs. En 1829, l’adoption par le parlement provincial de l’acte pour l’encouragement de l’éducation élémentaire permet au gouvernement d’accorder des subventions aux commissions scolaires qui dirigent de bonnes écoles qu’elles soient protestantes ou catholiques. Le 18 mai 1829, sont élus cinq administrateurs, faisant officiellement reconnaître l’école privée le 19 mai 1829. À la fin de l’année scolaire 1829, dix-huit écoles du Canton de Stanstead présentent une demande de subvention pour leurs enseignants. Seulement onze de ces écoles dont celle de Cassville reçoivent l’allocation de E20 (un shelling équivaut à ?? dollars). En 1829, l’enseignante Almira Rogers est payée E2 par mois et logée gratuitement. En 1830, l’école est intégrée à la nouvelle commission scolaire qui comprend les vingt-deux écoles du Canton de Stanstead pour un total de mille cinquante-deux élèves. Parce que la plupart des élèves plus âgés sont requis pour travailler sur la ferme, la majorité des écoles ne sont ouvertes que pendant les mois d’hiver. Exceptionnellement, Cassville offre une session d’hiver et une session de printemps.


Pendant la première partie des années 1850, étant donné que le nombre d’élèves augmente et que les normes académiques s’améliorent, cela permet à l’école d’atteindre le statut d’académie. L’école reçoit alors une subvention gouvernementale annuelle de E50, ce qui couvre les salaires des enseignants et l’entretien de l’édifice.
Avec l’arrivée des canadiens français dans les Cantons de l’Est, l’académie de Cassville accepte de recevoir des élèves de langue française en 1859. Elle devient ainsi l’une des premières écoles à fournir l’enseignement aux français catholiques des Cantons de l’Est. Cependant comme l’inspecteur Monsieur H. Hubbard n’a acheté aucun livre en français, il est très probable que les cours de Madame William Heath ne se donnent qu’en anglais. Selon l’Educational Journal de 1858, le nombre d’élèves à Cassville est de cent cinq cette année-là. Toutefois ce chiffre a pu être gonflé puisqu’il est notoire à cette époque de falsifier les documents de fréquentation scolaire pour recevoir des subventions plus importantes. Ceci expliquerait la baisse soudaine de clientèle qui apparaît dans les documents officiels trois années plus tard, soit en 1861, alors qu’il ne reste que vingt-six élèves. D’autres explications peuvent être envisagées comme d’autres académies qui se forment tout près soit à Stanstead et Hatley, ou encore des familles qui déménagent pour le Haut-Canada (Ontario) ou encore de jeunes familles qui déménagent vers les grandes villes comme Sherbrooke pour du travail en usine.


De 1912 à 1941, l’école fermera et ouvrira à nouveau à quelques reprises jusqu’à ce que soit proposé par M. Aphonse Bouffard et secondé par M. Alfred Vachon (grand-père maternel de M. Gilbert Ferland, maire actuel de Stanstead-Est), d’unifier les districts 3 et 4 pour réunir suffisamment de familles. C’est finalement en 1947, que l’école est cédée à la Corporation municipale de Stanstead-Est pour la somme de 275$ et c’est en 1950, que le conseil municipal de Stanstead-Est utilise l’édifice comme Hôtel de Ville. Un entretien au fil des ans et des travaux extérieurs majeurs en 2016 et 2017 ont su redonner un air de jeunesse à ce bâtiment historique de 200 ans.
C’est ce qui résume quand même assez brièvement la vie du début de Stanstead-Est.

Mentionnons maintenant le barrage d’Hydro-Québec à Burrough’s Fall qui a produit de l’électricité pendant cent ans, ayant pour conduite, d’amener l’eau du réservoir à la centrale, il s’agissait d’un tuyau en bois de 6’ de diamètre qui a été retiré du sol en 2016.
Mentionnons maintenant le sanctuaire Knights situé aux abords de la rivière Tomifobia sur le chemin Curtis. Un secteur exceptionnel par son sentier de vélo et de marche mais aussi par ce site où tout ornithologue peut retrouver à cet endroit plus de cent espèces d’oiseaux différents.
Les monuments des anciens combattans érigé en 1920 tout près du Club de Golf Dufferin Heights, porte pour un les noms de plusieurs combattants de la première guerre et de la deuxième guerre décédés lors des combats tandis que le deuxième monument porte le nom des quatre-vingt-seize pionniers.


Pour sa part, le terrain de golf du Dufferin Heights dont le point le plus élevé se situe où est le chalet ou restaurant et culmine à 1500’ d’altitude. L’endroit tient son nom de Lord Dufferin, gouverneur général du Canada de 1872 à 1878. Grâce à sa visite en 1878, il y aurait laissé son nom. Dès son arrivée au sommet avec sa suite, il aurait déclaré que les vues du sommet sont ‘’les plus spectaculaires de n’importe quel endroit’’.
Le site fût d’abord acquis et défriché par David Morrill et sa famille au début des années 1800. Les descendants des Morrill possèdent encore environ 10 acres au sommet. Vous y admirer aussi une carte en relief en bronze de toute la région, crée en 1927 par un sculpteur local célèbre, Mr Orson Wheeler.
Voici, en résumé, l’histoire de la municipalité de Stansteae-Est.


Texte produit suite au Déjeuner-causerie du 11 avril 2018 donné par M Gilbert Ferland, maire de Stanstead-Est

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