•  
  • Culture Coaticook
  • Société d'histoire
  • Pavillon des arts
  • Musée Beaulne
  • Harmonie
  • Coatic'Art
  • Bibliothèque
 
Entête

Le Courant

Automne 2017 | 19

Dixville


Dixville

Voici l’historique du village de Dixville, un joyau serti dans un écrin de verdure, un trésor au sein d’une vallée.
La municipalité de Dixville est une jeune municipalité issue de la fusion, en 1995, des municipalités de St-Mathieu-de-Dixville et du village de Dixville. Les origines des municipalités fondatrices sont beaucoup plus lointaines cependant.
Pour les origines de Dixville, il faut remonter en 1830. Cet emplacement faisait alors partie du Canton de Barford. Un monsieur Drew érigea une habitation sur les bords de la rivière Coaticook, défricha son terrain et construisit un moulin à scie grâce à un barrage qu’il construisit pour rehausser la chute existante sur la rivière. M John Wright vient rejoindre M Drew en 1836. D’autres familles par la suite se sont ajoutées et l’endroit prit le nom de Drew’s Mill.
En 1840, le docteur W. Ward, ancien médecin de l’armée anglaise, prit sa retraite et vint s’installer à trois mille de Drew’s Mill vers la frontière américaine. Constatant que les voies d’accès aux fournisseurs étaient pratiquement inexistantes, il entreprit de construire un chemin vers Hereford qui était à cette époque plus développé .
La facilité de se procurer du bois de construction grâce à la scierie contribua à emmener les pionniers et défricheurs à venir s’établir et à faire grandir la colonie existante. Le développement mena à la construction d’un moulin à farine et d’un magasin général. Au début des années 1850, la population comptait une centaine d’âmes.
La construction du chemin de fer ‘’Grand Tronc’’ reliant Sherbrooke à Island Pond contribua à l’évolution de la municipalité.
L’établissement, en 1852, d’un poste de commande du chemin de fer qui amena des ingénieurs et des ouvriers fit surgir des maisons de pensions et des maisons pour les accommoder.
Richard Baldwin junior, lié par contrat au chemin de fer fit construire un abattoir avec deux employés permanents.
La ville de Coaticook, en pleine croissance, était devenue un centre d’approvisionnement important pour la région. C’est alors qu’une route carrossable fut construite pour relier les deux communautés.
Ce fut à ce moment que les colons affluèrent, défrichèrent les terres et s’adonnèrent à l’élevage de bovins et de porcs pour nourrir les cheminots.
Quand le chemin de fer fut terminé avec la gare à quelque cent pieds de Drew’s Mill, l’économie étant bonne, les citoyens songèrent à ériger leur agglomération en municipalité.
Par arrêté ministériel, Drew’s Mill se détacha du Canton de Barford et s’incorpora en municipalité en 1874 et prit le nom officiel de Dixville. Le nom ‘’Dick’’ étant le surnom de Richard Baldwin junior que les résidents appelaient familièrement ‘’Uncle Dick’’. Le premier maire fut M Onzo Baldwin de 1874 à 1878. Les procès-verbaux de la municipalité furent rédigés en anglais jusqu’en 1948. Notons un fait cocasse car de 1947 à 1948 le secrétaire-trésorier M Joseph A. Demers était francophone. De 1959 à 1968, alors que les procès-verbaux étaient rédigés en français le secrétaire -trésorier était M Wilfrid Lepitre qui était un anglophone.
La municipalité de St-Mathieu-de-Dixville s’incorpore beaucoup plus tard soit en 1926.
Au chapitre religieux, trois églises protestantes furent construites. La première, Anglicane, vers 1845, la deuxième, Baptiste, en 1854 et la dernière, Adventiste, en 1860. L’église catholique fut construite en 1915 et la première messe fut célébrée en 1916. Le premier curé fut Oscar Henry Desève qui fut curé de 1916 à 1918. L’église catholique de Stanhope fut construite en 1914.
S’il faut en croire les vieux résidents de Dixville, Drew’s Mill fut autrefois habité par les Indiens car plusieurs fermiers ont trouvé des vestiges de leur passage ou de leurs campements. Ils ont retrouvé des pointes de flèches, des parties d’arc, etc…
Mentionnons maintenant la présence à Dixville du centre Dixville Home. Ce centre débute en 1958, à la suite de la venue de deux Hollandais M. Gerrit VanDer Mark et M.John Visser qui viennent s’établir au Québec, à Dixville, afin d’y implanter un centre pour personnes connaissant des difficultés mentales. Les deux fondateurs se sont rencontrés en Hollande alors qu’ils étudiaient au centre de psychiatrie . Ils immigrent au Québec, comme l’ont fait bien d’autres Hollandais, et désirent poursuivre leur travail en pouvant mettre à profit les études qu’ils ont réalisées. Ils ont d’abord travaillé à Austin, près de Magog, avec une dame qui gardait chez-elle des gens connaissant une déficience intellectuelle. Les deux hommes ont pris par la suite la décision de pousser le concept un peu plus loin et d’établir un centre pour de telles personnes. Au départ ils s’établissent à Dixville et profite de l’aide du Révérant Parker, d’où le nom du chemin Parker Hill. Les deux fondateurs eurent l’idée de construire des maisons afin d’y recevoir ces personnes auxquelles ils viendraient en aide. Ces personnes étaient souvent délaissées par leur famille. Ils pouvaient venir de la Nouvelle-Angleterre, de l’Ontario et même du Québec et étaient anglophones.
Les maisons seront construites au fil des ans selon l’expansion du centre. Les maisons comportent toutes une caractéristique commune soit d’avoir des volets verts. L’architecture et les volets verts permettaient une cohérence et permettaient de bien identifier les bâtiments du Centre d’accueil de Dixville.
L’organisme a pu bénéficier de nombreux dons. Certains dons étaient des terrains qui permettaient ainsi la réalisation et l’agrandissement du centre. Le centre comprenait aussi une fermette où l’on retrouvait des poules, des oies, un lama et plusieurs autres animaux. Les résidents s’occupaient de ses bêtes et profitaient de leur contact. On y retrouvait aussi une petite érablière ainsi qu’une plantation parsemée de sentiers pour la marche. Ces différents éléments procuraient des bienfaits tellement judicieux pour les résidents. Des jardins communautaires ainsi que l’implantation d’un champ de pommes de terre font aussi partie du centre. Toutes les tâches seront, en partie, réalisées par les résidents ce qui leur apportera une satisfaction marquée. Une belle façon de mener à une meilleure santé et une meilleure joie de vivre pour les résidents. Certains résidents iront même travailler chez les gens du village pour certains travaux spécifiques. Des ateliers dont l’atelier ‘’Ginette Roy’’ permettait d’aller faire des travaux dans certaines industries de Coaticook afin de valoriser le résident et son travail.
Les résidents étaient connus et faisaient vraiment partie de la communauté Dixvilloise. Les bonjours, les sourires et les bons mots échangés avec eux prouvaient bien la grande et bonne place qu’ils occupaient au sein de la communauté du village. En 2001 on comptait 105 résidents qui participaient à la vie économique du village.
En 1974, le Centre rencontre de plus en plus des difficultés financières, car une grande partie de son administration provenait de dons devenus maintenant de plus en plus rares . Le gouvernement décide à ce moment comme cela se retrouve à l’intérieur de sa politique de prendre en charge le Centre d’accueil sous sa tutelle.
On connait avec le centre d’accueil de Dixville un concept vraiment unique. Il devait y voir pas moins de 18 bâtiments et les résidents formaient une grande partie de la population. La vie à laquelle avaient droit les résidents était d’une grande qualité. Ils recevaient les soins appropriés mais aussi ils avaient une vie sociale élaborée. Les gens du village faisaient preuve d’une grande ouverture en côtoyant quotidiennement ces personnes. Leur présence nous laisse un grand héritage d’humanité. Au plan physique le centre laisse aussi à la municipalité la chance de posséder une piscine creusée et chauffée ainsi qu’une chapelle.
Peu à peu le centre est appelé à se démanteler et le conseil municipal décidera de s’implanter afin de garder la vitalité dans les maisons qui se vidaient et garder la vie qui s’éteignait au cœur du village. C’est ainsi qu’il fut décidé de vendre les maisons à des acheteurs qui pourraient les rénover et y habiter. En 2014, l’ensemble des bâtiments du Centre d’accueil était vendu . L’un des bâtiments fut acheté par la municipalité et sera transformé en magasin général. Cet endroit permettra aux gens et aux visiteurs de bénéficier de l’histoire du Centre d’accueil de Dixville. Le Centre d’accueil est demeuré lui-même propriétaire d’un bâtiment afin d’y poursuivre sa vocation. Quelques résidents sont présents et la vie, quoique différente, se poursuit au Centre d’accueil de Dixville. La municipalité se retrouve aussi avec un terrain de trente-quatre âcres et il sera transformé en un développement en accord avec l’environnement au printemps 2017.
Dixville nous offre un village rempli d’histoire. Depuis sa fondation jusqu’aux différentes histoires marquant son parcours , Dixville s’inscrit comme une communauté où règne une grande qualité de vie.

Le Courant

Le Courant est publié par la Société une fois par année. Membres de la société, historiens professionnels et amateurs partagent avec les lecteurs le fruit de leurs recherches. Les textes sont disponibles en français et en anglais. La publication de cette revue est rendue possible grâce au soutien de commanditaires locaux que nous remercions avec toute notre gratitude.


Société d'histoire de Coaticook

34, rue Main Est
Coaticook, Québec
819 849-1023
Courriel : info@societehistoirecoaticook.ca

Heures d'ouverture
Du mardi au vendredi :
10 h à 12 h
14 h à 16 h
ou sur rendez-vous.

Droits d'entrée : Aucuns

Bases de données

Vous pouvez désormais effectuer une recherche de photos sur nos bases de données en ligne.

Vous pouvez maintenant également faire des recherches dans nos fonds et collections d'archives par le Portail des archives des Cantons-de-l'Est.

Collections

Journaux et photos du Progrès de Coaticook depuis 1950 • Collection du Coaticook Observer des années 1928 à 1938. • Collection de l'Etoile de l'Est de 1928 à 1938.

Services de recherche

Fonds d'archives • Conservation • Bibliothèque • Recherches en archives • Informations généalogiques

Merci à nos partenaires pour leur soutien financier